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 Deep forest, deep loneliness

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Vinciente Marconni
Dead or Alive
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MessageSujet: Deep forest, deep loneliness   Dim 27 Jan - 22:51

    Le dos toujours droit, malgré une chaude douleur qui immergeait ses reins, Vinciente Marconni sortit d’Olstread Cultural Center. La journée avait été rude, rudement longue. Certainement à cause de ses nuits qui se défiaient les unes les autres en brièveté, mais surtout à cause des nombreux problèmes qui pleuvaient sur ses épaules en ce moment. Les cauchemars ne le quittaient plus, de jour ou de nuit.
    Ses chaussures plates claquent sur le parvis du bâtiment élégant, à l’image de son directeur. Les cheveux rassemblés dans un ruban pourpre, l’homme traverse la place, sans laisser aucunement paraître sa fatigue. Sans réfléchir, il prit le chemin du retour, à pied. Il avait envie de marcher, et l’air frais du soir ne pouvait que lui faire du bien. Laissant ses mains balancer, il essaya de se laisser bercer le soleil déclinant et le vent vivifiant. Rien n’y fit, les pensées tumultueuses qui l’avaient hanté depuis le petit matin ne s’éclipsèrent pas malgré la preuve manifeste de leur insolence.
    Le portillon grinça doucement, Vinciente espéra plus ou moins que c’était un signe de bienvenue, sans trop y croire. Avalant prestement les quelques marches du perron, il entra la clé dans la serrure et pénétra dans l’entrée de sa demeure. L’imposant portrait d’Elise était toujours là, face à lui. Bien que le médium sut parfaitement et depuis plusieurs mois maintenant qu’il se trouvait là, il se prit tout de même sa présence et sa beauté en pleine face. Fermant précipitamment la porte, il tituba jusqu’à la commode sous le tableau, pour s’y appuyer. Il sentit ses yeux lui piquer, il secoua précipitamment la tête. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant qu’il se sentit l’âme à recommencer à bouger. D’un coup de l’œil rapide, il aperçut Gabriel qui l’observait depuis le salon. Dans un accès de rage, il vociféra, entre ses dents :

    « Tu dis un mot, je viole ta tombe. »

    Il se retourna rapidement et ressortit, prenant tout juste le temps de refermer derrière lui, et sans se donner la peine de reprendre le manteau qu’il avait laissé choir sur le sol. Son châle de laine rouge, avec ses délicats motifs brodés aux fils d’or, entourant ses épaules par-dessus sa chemise de coton blanc, lui tiendrait de toute façon bien assez chaud. Sa canne en main, il partit dans une direction, ne se souciant ni de l’heure, ni de la destination. Il marcha droit, comme pour fuir quelque chose, ou quelqu’un. Ce n’était pas vraiment Gabriel, qu’il appréciait malgré tout, et encore moins Elise, sa si chère et tendre Elise, mais plutôt une impression… Un sentiment d’étouffer. L’impression lancinante d’être abandonné. La colère fugace qui avait traversé le trentenaire s’envolait, laissant place à des émotions bien plus calmes, mais également plus mélancoliques.

    Combien de temps avait-il bien pu marcher pour être sorti de la ville ? Il n’en avait aucune idée, complètement coupé du monde. Il se trouvait maintenant au départ d’un sentier qui s’enfonçait dans la forêt dont il ne connaissait pas l’itinéraire. Il ne faisait pas encore noir et Vinciente décida arbitrairement qu’il avait encore largement le temps de se promener et que ça lui ferait le plus grand bien. S’avançant parmi les troncs, à l’écoute des feuilles craquantes sous sa semelle, il tenta de trouver un certain apaisement en respirant l’air purifiée par le temps humide.
    Soudain, il sursauta d’horreur. Son sang ne fit qu’un tour, et il dut faire un effort surhumain pour ne pas s’enfuir. Pas que la scène qui lui était présentée fusse particulièrement horrible, mais plutôt que le moment choisi pour la présenter l’était. Le soleil était doux, presque absent, si on exceptait quelques rayons obliques et innocents. Une feuille virevolta et se déposa à côté de ses consœurs. Une adolescente, aux yeux mornes et aux cheveux chocolat, accrochait avec tranquillité une corde à une branche. Un nœud du pendu. Ses intentions étaient assez claires. Vinciente hésita à s’approcher.
    Toujours. Toujours cette hésitation. Etait-elle une vivante dépressive sur le point de se donner la mort ou déjà morte qui ne cessait de rejouer la dernière scène de ce qui avait été sa vie ? Un pas. Etait-elle une suicidaire en mal d’amour ou un esprit enfermé dans ses illusions ? Un second pas. Etait-elle une personne en détresse, en danger, que l’homme se devait de secourir par devoir civique ou encore une de ses personnes qui avaient déjà franchi le pas, depuis de nombreuses fois déjà ? La main se tendit et attrapa le bras adolescent. Un murmure.

    « Vous ne devriez pas… »

    Ces yeux. D’une noirceur abyssale. L’anglais, épouvanté, recula. Elle n’était plus vivante depuis bien longtemps. Elle l’avait écarté comme une mouche. Pas comme une personne humaine qu’on considère comme une mouche, non, mais bel et bien comme une mouche. Comme si son geste n’avait été pour elle qu’une vague impression de contact, comme un insecte qui se serait déposé sur sa peau. Elle ne le voyait pas. Elle ne voulait pas le voir, et dans son monde, elle avait le droit de ne pas le voir. C’était ça aussi, les règles du jeu.
    Le cœur battant, Vinciente s’éloigna, s’il ne courrait pas, alors ses enjambées étaient gigantesques. Jamais de mémoire d’homme on ne l’avait vu si ouvertement agité, mais heureusement aucun de ses concitoyens n’étaient là pour le voir. Les seuls yeux qui se posaient sur ce monde étaient les siens, soulignés par de fines cernes, traces indiscrètes de sa fatigue. Quand il put considérer qu’il y avait suffisamment de distance entre lui et ce… cette chose, il s’arrêta, exténué. Glissant contre le tronc d’un arbre, il s’assit dans la terre, tant pis pour son élégant pantalon noir, il devait passer au pressing sous peu, de toute façon. Le médium ferma les yeux, dans l’espoir vain d’échapper aux fantômes du passé.
    Il était toujours entouré, et pourtant si seul. Toujours ce doute. Cette impression d’être dans un monde peuplé par la mort et le désespoir. N’y avait-il donc aucun être vivant autour de lui ? Devait-il être toujours aussi seul ?


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Adam Mercury
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MessageSujet: Re: Deep forest, deep loneliness   Sam 2 Fév - 21:03

L'air frais et caressant de la forêt courant sur son poil doux, aux couleurs de l'automne. L'odeur si agréable et intense de l'humide terre fertile. Les sons d'une vie mystérieuse et discrète, au cœur des bois. Les jeux de la lumière déclinante entre les arbres. Le chant d'un oiseau, perché non loin. Les feuilles bruissant doucement. Quelques branches mortes, ici et là, qui craquant sous ses pas. La ville n'était pas si éloignée et, pourtant, ce havre de paix semblait être à mille lieues de la première habitation. Une journée qui s'achève. Un cadre qui avait tout, absolument tout pour être idéal. Le paradis sur terre. Et Adam aurait pu apprécier s'y trouver s'il n'avait pas été en proie à la panique.

Il errait dans la forêt depuis l'aube, dans son corps de husky. Sa nuit avait été atroce, remplie de ses cauchemars les plus horribles. L'arène, certes. Mais pas seulement. Il s'était vu se transformer devant son ange, son colocataire, qui l'avait rejeté, aussi terrifié que dégoûté. Il avait vu Daemon le dénoncer, tout révéler à son frère. Le sadisme dans les yeux rouges. La douleur de la trahison dans les yeux bleus. Il avait vu le cercueil de sa grand-mère. Lui, debout devant le corps sans vie de celle qui avait le plus compté. Tant de cauchemars. Ses plus grandes peurs, qui hantaient sans relâche ses nuits.

Et, alors que tout le monde dormait encore, il avait décidé de stopper cette nuit qui n'avait rien de reposant. En se tirant de son lit, il s'était rendu compte qu'il était transformé. Et qu'il n'avait aucun moyen pour retrouver sa forme humaine. Le chien s'était alors éclipsé en vitesse, avant le levé du soleil. Avant le réveil de son colocataire. Ça passerait comme s'il était parti au travail, ou courir. Pendant des heures, comme à son habitude. De toute façon, il ne pouvait pas rentrer comme ça, en chien. Mais il commençait à se faire tard, et il était de plus en plus inquiet. Et terriblement seul.

Il avait besoin de sa grand-mère, qui était là normalement pour l'aider à gérer son don. Depuis qu'il était tout petit, à chaque fois qu'il se laissait dépasser par ses angoisses, elle était là pour l'aider à se calmer, à se poser, et retrouver son corps de petit blond maladroit aux oreilles si particulières. Ce corps ravagé de cicatrices, qu'il cachait au monde, mais qu'il appréciait malgré tout. Il ne reniait pas le husky roux, son alter ego. Il était à l'aise en chien. Mais il ne pouvait partager cette part de lui. Adam devait la cacher, pour ne pas démolir son amitié naissante. Pour ne pas faire fuir ses rares relations, qu'il établissait bien difficilement dans cette nouvelle ville. Dans cette nouvelle vie.

Le husky s'immobilisa, aux aguets. Il avait entendu un truc qui ne collait pas avec la forêt. Des bruits de pas d'humain. Attentif, il analysait ce qu'il entendait. Quelqu'un de pressé, très pressé. Pourtant, il ne s'agissait pas d'un coureur. Le rythme était trop irrégulier, erratique. Cette personne fuyait, était paniquée. Et s'éloignait. Adam se mit à suivre cet inconnu bien pressé. Pour savoir ce que quelqu'un d'autre qu'un coureur ou une famille en balade faisait dans cette forêt. Et ce qu'il fuyait, car il n'était pas suivit. Cette forêt ne payait pas de mine. Cependant, il était facile de s'y perdre.

Adam finit par rattraper cette personne. C'était un homme, de taille moyenne, et mince. De longs cheveux violets volaient derrière lui, attachés en une queue de cheval. Sa tenue ne collait pas du tout avec la forêt. Un châle rouge, une chemise blanche, un pantalon noir, des chaussures extrêmement élégantes et assurément inadaptées à un trail dans les bois. Le husky le suivait à une vingtaine de mètres de distance, prudemment, bien en dehors de son champ de vision. Et dans le silence le plus absolu. Pratique parfois, d'avoir le corps et les instincts d'un chien.

L'homme s'arrêta. Il était essoufflé, certainement épuisé, mais avait-il réussi à fuir ? Qu'avait-il à fuir ? Il finit par s'asseoir, au pied d'un arbre. Sans doute pour récupérer. Le husky s'approcha lentement, à pas de loup. Discrètement, tel le prédateur qu'il n'était pas. Il ne voulait pas de mal à cet homme. Le husky était curieux. Curieux de savoir ce que cet individu distingué faisait dans les bois, fuyant une chose imperceptible pour un chien, aux sens auditifs et olfactifs infiniment plus développés que ceux des hommes.

D'un pas mesuré, il réduisit la distance entre lui et l'inconnu. Mais il n'allait pas tout droit. Il décrivit une courbe, se mettant peu à peu face à cet homme. Le museau près du sol, les yeux fixes. Il ne croisa pas le regard de l'homme, celui-ci avait les yeux fermés. Il ne le perçu même pas s'approcher. A trois mètres de lui, Adam s'arrête et s'assit, en attendant qu'il s'aperçoive de sa présence.
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Vinciente Marconni
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MessageSujet: Re: Deep forest, deep loneliness   Mar 5 Fév - 15:09

    Un bruit… Un bruit ! Le doux bruissement des feuilles que l’on écrase. D’un mouvement vif, Vinciente releva la tête et dans un sursaut monumental, il se remit sur ses pieds, prêt à fuir à la menace. Ce qui, dans la présente situation, aurait été profondément débile, puisque courir n’aurait fait qu’énerver l’animal canin, si celui-ci s’était montré agressif. Mais ça, l’italien l’ignorait complètement. Tout ce qui ne touchait pas à l’art était un terrain inconnu pour lui. De plus, il n’avait jamais eu d’animaux, plus par manque d’intérêt que par dégoût ou crainte, d’ailleurs. Ce n’était pas un sujet auquel il avait eu véritablement l’occasion de se frotter.
    Une main encore à terre, les genoux fléchis armés pour bondir rapidement, il chercha la source du bruit, qui ne le rassura guère de premier abord. C’était un animal, assez grand, d’autant plus que l’homme n’était toujours pas debout de toute sa hauteur. S’il tentait de l’attaquer, il n’avait aucune chance. Il ne savait pas se battre, le pauvre victorien. Les gentlemen sont censés s’avoir s’affronter en duel, mais ses aspirations n’étaient que de vagues extravagances, et le duel n’en était pas sa partie préférée.

    La panique qui l’avait prise aux tripes se calma progressivement. Le chien était assis, il ne semblait pas excité ou sur le point de lui sauter à la gorge. Ses dents n’étaient pas sorties, ses lèvres n’étaient pas retroussées, avec de la bave qui aurait coulé sur le côté. Les yeux du médium était fixé sur lui, ce qui était plus rare pour l’homme. Il l’observa un long moment, sans bouger. C’était un bel animal, à la robe blanche et caramel et au poil long. Il ressemblait beaucoup à un loup, mais il était trop peu craintif de l’homme pour que ce soit un animal sauvage. Et puis ses grandes oreilles lui donnaient un air mignon de nounours tout doux. D’autant plus, le trentenaire n’avait jamais vu un loup roux. C’était les renards qui avaient une couleur aussi chaude que l’orange habituellement. Même si, ici, c’était plus un marron clair et vif qu’un véritable orange. Mais ces débats chromatiques importaient peu. Parce que ce qui faisait tant tressaillir l’homme n’était pas la bête en elle-même, mais cette petite pensée, enfouie tout au fond qui remonta à sa pleine conscience.

    Il n’avait jamais vu d’animal mort.

    Enfin, si bien sûr, il avait quelques fois mangé du steak ou du canard, la canette au miel faisait d’ailleurs parti de ses plats préférés, mais passons, ce n’est pas le sujet. Non, ce qu’il voulait dire par là, ou plutôt penser, ce qu’il n’avait jamais vu leur esprit. Jamais un chat n’était venu hanter sa maison, ou une poule son assiette. Ce chien était donc forcément et indubitablement vivant.
    Bien sûr, pour un observateur extérieur, ça n’avait l’air de rien, de savoir que quelqu’un était vivant. Mais pour Vinciente, c’était à la fois une révélation, un soulagement et bonheur intense qui le parcourait. Il se mit à rire doucement, un rire nerveux, et se rassit à l’endroit où il était.

    « Excuse-moi, mon jeune ami, tu m’as fait bien peur. »

    Sans trop réfléchir, l’homme aux cheveux violets tenta d’approcher sa main de la tête de l’animal, ce qui était très dangereux avec un chien inconnu, tous les parents le disent, mais l’ignorance de Vinciente en la matière était bien plus grande. Il voulait simplement caresser ses poils qui avaient l’air duveteux. Et puis, il n’avait aucune raison d’effrayer le chien, son geste était mesuré et doux.

    « Si tu savais, c’est tellement agréable pour moi de savoir que tu es bel et bien vivant… Je crois que je te suis un peu redevable. Mais je n’ai aucune idée de ce qui pourrait te convenir. Je n’ai malheureusement rien sur moi… »

    Le canin n’allait certainement pas rester très longtemps, alors autant en profiter. Il n’avait peut-être pas de maître, sinon celui-ci serait déjà là, à moi que le chien ne se soit échappé de chez lui ? Peu importe, il avait peut-être été interloqué par l’homme en costume, mais dès sa curiosité rassasiée, il partirait aussi vite qu’il était venu. D’ici quelques minutes, quelque chose comme ça.
    Le médium lâcha un sourire triste et, continuant de regarder le husky, murmura :

    « Eh bien, heureux d’avoir fait ta connaissance. »

    Il se releva, épousseta son pantalon, définitivement tâché, replaça son châle et jeta ce qu’il considéra comme un dernier regard sur ce qu’il espérait pouvoir considérer comme un ami canin. D’un geste leste, il passa un bras dans son dos et un sur son ventre et s’inclina respectueusement.
    Il était de bien meilleure humeur, bizarrement. Cet évènement, cette prise de conscience, n’allait rien arranger dans sa vie, mais c’était tout de même une belle éclaircie. Un regain d’énergie pour les quelques jours à venir. Vinciente était certes un triste sire, mais il n’en restait pas moins capable d’accepter de savourer quand une belle occasion se présentait.
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Adam Mercury
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MessageSujet: Re: Deep forest, deep loneliness   Dim 24 Fév - 22:57

Toutes les émotions de cet homme. Adam sentait tout, ressentait tout. Et il lui offrit une très large palette en une poignée de secondes.

La surprise tout d'abord. Comme s'il avait été mordu par un serpent, l'homme bondit sur ses pieds. Il devait avoir perçu sa présence. Ça avait dû l'interrompre dans ses pensées, ses réflexions. Et cette interruption l'avait ramené brutalement dans le monde réel.

La peur suivit immédiatement. Même en tant qu'animal domestique, et a priori meilleur ami de l'homme, le chien restait un prédateur. Il avait gardé du loup des crocs capables de tuer, et une certaine habileté au combat. Certains s'en servaient même pour gagner de l'argent contre un beau massacre. Preuve s'il en fallait qu'un chien demeurait potentiellement dangereux. La crainte était donc légitime.

Puis une phase d'une certaine longueur que le husky associa à une méfiance prudente. L'homme se tenait là, immobile, à l'observer. A le regarder dans les yeux. Que cherchait-il ? Se demandait-il s'il devait fuir ? Si le chien était une menace ? S'il appartenait à quelqu'un ? Quoi qu'il en soit, Adam lui accorda tout le temps nécessaire pour se calmer. Pour peser sa dangerosité. En soi, un animal aussi paisible ne pouvait inspirer que la confiance. Du moins, il espérait que ce drôle d'inconnu verrait les choses ainsi.

Soudainement, Adam sentit de la décontraction et de la joie. L'homme avait dû conclure qu'il s'était fait une frayeur pour rien, et qu'il n'avait pas grand chose à craindre de lui. Il riait, comme pour évacuer les précédentes tensions que les émotions avaient causées. C'est alors qu'il s'adressa à lui pour la première fois. Il s'excusait. Avait-il conscience qu'un chien normal n'en aurait rien compris ? Si intelligents et réceptifs soient-ils, les meilleurs amis des hommes ne comprennent pas la langue des humains. Il enchaîna cependant avec quelque chose de plus judicieux : il lui offrit une caresse, geste universellement compréhensible.

« Si tu savais, c’est tellement agréable pour moi de savoir que tu es bel et bien vivant… Je crois que je te suis un peu redevable. Mais je n’ai aucune idée de ce qui pourrait te convenir. Je n’ai malheureusement rien sur moi… »

Derrière ces propos bien étranges, le husky décelait une certaine gravité. Voire, en observant mieux l'inconnu, de la tristesse. Pourquoi être triste dans un moment pareil ? Pourquoi cette allusion au fait qu'il soit vivant. Cela paraissait être d'une évidence criante, il s'agissait presque une lapalissade. Ces propos intriguaient énormément Adam, et il comptait bien tirer ça au claire quand...

« Eh bien, heureux d’avoir fait ta connaissance. »

Euuuh... De même ? Mais pourquoi souhaitait-il déjà le quitter ? Le husky n'avait pas eu sa réponse, hors de question de lâcher ça ainsi. L'inconnu lui adressa une courbette avant de se détourner. Mais Adam n'allait pas le laisser partir ainsi. Et dans la mauvaise direction en plus. Mais comment lui expliquer, en étant un chien ?

Il le rattrapa au petit trot et lui tourna autour en jappant doucement. Puis il s'éloigna de quelques mettre en direction (la bonne direction) de la ville avant de s'arrêter et de le regarder. Et il recommença ce petit manège une nouvelle fois. Il voulait lui faire passer un message :

* Suis moi *

De peur que ça ne suffise pas, il alla se placer à côté de lui et, avec son museau, poussa doucement sa jambe dans la direction indiquée. Vraiment, il n'allait pas laisser ce drôle d'inconnu se perdre en forêt. Il leva vers l'homme ses yeux dorés. Allait-il le comprendre ? Le suivre ? Peut-être qu'il ne le croirait simplement pas, pensant être capable de s'orienter entre les arbres.

* Crois en moi. *
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